//

Diplômes06



22 + 1 maquettes d'espaces
280 x 280 x 280 cm (1 cube noir)
12 x 12 x 12 cm (22 cubes blancs)
bois, coton gratté, carton plume, figurine

Exposition rendant compte d'une année de recherches et d'errances pendant laquelle j'ai tenté de définir quelle était la condition minimale d'apparition du fait théâtral (il s'agit d'un diplôme de scénographie).

Au début, je me suis attaché à construire des espaces scéniques à partir de pièces de théâtre : ci-dessous on me voit en train d'expliquer le fonctionnement d'un dispositif pour "les troyennes" de Vinaver :



L'idée était de trouver du théâtre dans une forme qui n'utilise ni acteur ni texte et en dehors de toute narration...
Très vite ce fut la place du spectateur qui devait être étudiée :



Ci-dessus on me voit en train d'expérimenter un plan d'assise incliné à 19° très précisément : le seul degré d'inclinaison permettant de ressentir, tout en restant assis, un déséquilibre en avant. Il s'agit de la première recherche sur le mouvement immobile.

Puis il s'est agit de créer un espace dans lequel il pourrait donc, théâtralement, ne rien se passer. Une sorte de "paysage que le hasard insuffle" (Paul Auster in Espaces Blancs) : un paysage produit par le hasard de la chute de feuilles blanches sur le sol, par exemple :



De tout cela est né un ensemble de 22 cubes blancs disposés au hasard sur une surface rectangulaire. Ces 22 cubes correspondent aux 22 paragraphes qui composent "Espaces blancs" de Paul Auster. Ils sont dessinés selon 3 lois fondamentales : chaque cube mesure 3m x 3m, à l'intérieur de chaque cube blanc se trouve une chambre noire à l'intérieur de laquelle la lumière extérieure ne peut pas pénétrer directement, chaque cube peut être disposé indifféremment sur une de ses 6 faces et devenir inaccessible mais il est impossible de rester prisonnier à l'intérieur.



Cela donne des formes qui s'apparentent à ceci :



Avec des plans de conception qui ressemblent tous à quelque chose comme ça :





Il reste à dire que ce principe d'espace a été testé à échelle 1:1 et il en résulte une impression étrange marquée par une sorte de latence théâtrale. Le spectateur est devenu un visiteur, le geste d'acteur s'est transformé en faufilement d'un corps et toute l'histoire du regard se résume à la dilatation de la pupille d'un œil dans l'obscurité d'une chambre noire.